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Fiche livre | |  |
 Cliquez pour agrandir | Les femmes du braconnierDe Claude Pujade-Renaud
Editeur : Actes Sud Parution le : 15 Janvier 2010 ISBN : 978-2-7427-8849-1 EAN13 : 9782742788491
Sélection Rue des Livres
C'est en 1956, à Cambridge, que Sylvia Plath fait la connaissance du jeune Ted Hughes, poète prometteur, homme d'une force et d'une séduction puissantes. Très vite, les deux écrivains entament une vie conjugale où vont se mêler création, passion, voyages, enfantements. Mais l'ardente Sylvia semble peu à peu reprise par sa part nocturne, alors que le "braconnier " Ted dévore la vie et apprivoise le monde sauvage qu'il affectionne et porte en lui. Bientôt ses amours avec la poétesse Assia Wevill vont sonner le glas d'un des couples les plus séduisants de la littérature et, aux yeux de bien des commentateurs, l'histoire s'achève avec le suicide de l'infortunée Sylvia.
Attentive à la rémanence des faits et des comportements, Claude Pujade-Renaud porte sur ce triangle amoureux un tout autre regard. Réinventant les voix multiples des témoins - parents et amis, médecins, proches ou simples voisins -, elle nous invite à traverser les apparences, à découvrir les déchirements si mimétiques des deux jeunes femmes, à déchiffrer la fascination réciproque et morbide qu'elles entretiennent, partageant à Londres ou à Court Green la tumultueuse existence du poète. L'ombre portée des oeuvres, mais aussi les séquelles de leur propre histoire familiale - deuils, exils, Holocauste, dont elles portent les stigmates -, donnent aux destins en miroir des "femmes du braconnier" un relief aux strates nombreuses, dont Claude Pujade-Renaud excelle à lire et révéler la géologie intime. |
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Vos avisDans Chers disparus, je m’interrogeais : comment vivre avec un écrivain ?
Dans Les Femmes du braconnier, la question se modifie : comment deux écrivains peuvent-ils vivre ensemble ? A quel prix, pour eux, leurs proches, leurs enfants ? Deux couples, Ted et Sylvia, David et Assia, liés par la passion de la poésie, se croisent, s’affrontent, se détruisent.
Dans la seconde moitié du vingtième siècle, Sylvia Plath et Ted Hughes furent des figures importantes de la poésie américaine et anglaise. David et Assia Wevill sont beaucoup moins connus, en France du moins. Leurs histoires mêlées sont narrées par plusieurs voix alternées : mère, frère, sœur, témoins multiples, concierge ou critique littéraire, sage-femme ou ami fidèle, médecins. Chacun raconte, s’interroge, commente, interprète, invente, élabore sa propre fiction. Une fiction rythmée par de multiples “traversées”, entre l’Amérique et l’Angleterre notamment.
Le roman commence et s’achève par le terme “zoo” : les animaux – chevaux, ours, abeilles, cerfs, loups, chats, oiseaux – interviennent tout au long du récit, réels mais aussi fantasmatiques, convoqués sinon domestiqués par les poèmes des principaux protagonistes, passionnés du langage comme de l’animalité. Certains animaux accèdent au statut de quasi personnages. Quant au “braconnier” il devient la figure du prédateur poète : prédateur de gibier, de mots, de femmes. Et sur les deux héroïnes aux destins jumeaux planent les ombres de la Seconde Guerre mondiale et de l’Holocauste, ainsi que l’interrogation : qu’en est-il de “l’espèce humaine” ? Claude Pujade-Renaud
Claude Pujade-Renaud qui s’est imprégnée des biographies, des correspondances, des journaux et des poèmes, revisite par un jeu subtil de voix de différents témoins, la complexité des sentiments, les fascinations réciproques et la puissance poétique à l’oeuvre dans ce triangle amoureux. Florilèges
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Commentaires Amazon| 2010-05-31 | Note : 3/5 | Entomologie intime A Cambridge, en 1956, Sylvia Plath, jeune poétesse américaine, fait la connaissance de l'anglais Ted Hughes, également poète dont elle tombe éperdument amoureuse. Très vite, les deux jeunes écrivains entament une vie conjugale où va se mêler création, passion, voyages et grossesses. Sylvia adore être enceinte. Elle sera mère de deux enfants. Le couple s'installe dans une belle maison dans la campagne du Devon. Cela aurait pu ressembler au bonheur si Ted n'avait pas rencontré Assia Wevill, une autre poétesse d'origine juive, ne l'avait pas trouvée irrésistiblement attirante et si le psychisme de Sylvia n'avait pas été aussi fragile. Avant de rencontrer ce poète braconnier et pêcheur en eau trouble, elle avait déjà tenté de se suicider une première fois. Ce triangle amoureux va lentement basculer dans le drame.
Ce livre est une sorte de biographie de Sylvia Prath mise en scène de façon chorale. L'auteur s'est servie de la voix des trois protagonistes et de celle de multiples témoins plus ou moins proches comme les parents, les amis, les médecins ou de simples voisins pour illustrer cette histoire tragique et banale de leurs différents points de vue et lui apporter ainsi des éclairages multiples. C'est un procédé assez intéressant et original bien que parfois chargé de redites ou de lourdeurs. Cette histoire a un côté glauque et morbide comme si toutes sortes de séquelles familiales (deuils, exil, Holocauste) avaient marqué à vie ces trois destins et comme si une fatalité implacable s'était acharnée sur ces deux femmes. Intéressant exercice d'entomologie intime et sentimentale.
| | 2010-01-11 | Note : 4/5 | "...pourquoi cette hécatombe autour de l'écriture ? " La vie ardente de la poétesse et romancière américaine Sylvia Plath, son mariage avec un poète tout aussi charismatique, Ted Hughes, son suicide enfin, ont déjà donné naissance à de nombreuses études, voire à des romans ( dont le magnifique Froidure de Kate Moses que je recommande vivement).
Claude Pujade-Renaud, à son tour, revisite cette existence marquée par de grandes périodes d'exaltation suivies de non moins importants épisodes dépressifs. Mais la maladie mentale n'explique pas tout ,loin s'en faut. En choisissant de multiples points de vue, ceux des principaux protagonistes bien sûr, mais aussi des personnages plus extérieurs , tels une concierge ou un voisin, Claude Pujade-Renaud effectue ainsi un tour le plus complet possible de ces personnages hors du commun.
Des chapitres courts qui s'enchaînent avec fluidité , portés par l'intensité de l'écriture, une écriture traversée par de nombreuses figures animales . Le livre commence ainsi sur la vision d'un cheval qui s'emballe et se clôt sur une guenon se laissant mourir ; animaux que l'on trouve au départ aussi bien dans les poèmes de Sylvia( en particulier les abeilles liées à l'image paternelle) que dans ceux de de Ted, car comme le montre l'auteure, il y a eu , même au-delà de la mort, durant trente ans "un travail de tissage entre les textes " de ces deux poètes.En outre, deux scènes , l'une d'harmonie totale entre les amants et la Nature, l'autre d'une violence extrême , montrant Sylvia, essoufflée, alourdie par ses maternités, détruisant avec furie les collets des braconniers, tandis que Hughes se tait mais prend secrètement le parti des ruraux, fonctionnent en écho et symbolisent la rupture en marche...
Le sang, celui de la morsure initiale qu'inflige Sylvia à Ted, celui des règles, qu'elle refuse avec horreur, la couleur vermillon qu'elle emploie à tour de bras, tout ce rouge court au long de ce roman charnel, marqué également par les odeurs fortes liées à l'animalité et à la puissance.
Sous le couvert des différents narrateurs , on devine parfois la voix de l'auteure, quand sont rectifiés certains détails ou bien quand est fustigée l'attitude des féministes qui n'ont cessé de vouer Hughes aux gémonies, lui reprochant en particulier la censure exercée dans l'édition de certains textes de Plath, voire leur destruction totale .
Mais il ne faudrait pas oublier également le portrait , tout en nuances, que brosse Pujade-Renaud d'Assia, souvent présentée comme la briseuse de ménage, mais qui fut elle aussi fascinée tout à la fois par Hughes mais aussi par Sylvia et qui en paya le prix fort.
Une oeuvre riche et puissante montrant aussi les ravages et les bonheurs de l'écriture : "S'ajoutait le cauchemar de ne pas dormir .Ou si peu : je me réveillais malaxée, concassée par les rêves. La sensation d'avoir été lapidée par une grêle de météorites oniriques. Peut être n'avais-je pas droit à un sommeil réparateur puisque je n'avais rien produit? Ou mal. Ou pas assez. La perfection ou rien !"Un roman que j'ai dévoré avec passion, même si je connaissais ou croyais connaître l'histoire de Sylvia Plath.
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